Origines et famille

Hubert Barbier et Paschasie Bernimolin eurent trois enfants, nés dans la paroisse Sainte-Véronique : Pascal I, né le 3 janvier 1686, mort enfant, Pascal II (Paquay), né le 4 décembre 1689, et Paschasie, née le 7 novembre 1698. Pascal II, architecte et maître-maçon, épousa à Sainte-Véronique, le 26 mai 1716, Marie Doupagne, dont il semble ne pas avoir eu d'enfants.Forgeur R., « Un maître maçon liégeois peu connu, Paquay Barbière », Bulletin de la Société Royale Le Vieux-Liège, t. IX, n° 193-194, 1976, p. 60.

Le 11 septembre 1733, quelques mois après le décès de sa mère, il fit une convenance de mariage avec Anne Libotton. Sa seconde épouse testa le 28 novembre 1734 et semble l'avoir laissé veuf, sans enfants. Paquay Barbière mourut à Saint-Christophe le 16 septembre 1749. Un André Barbière lui succéda comme maçon de la cathédrale et détint ce titre de 1749 à 1756.Forgeur R., op. cit., p. 60.

Le collège des Jésuites wallons (1717)

On peut légitimement attribuer à Barbière l'édification de l'aile sud, la principale, du collège des Jésuites wallons, conservée en majeure partie parmi les bâtiments de l'Université de Liège. Les Archives générales du royaume, à Bruxelles, conservent un dessin rehaussé d'aquarelle représentant cette façade, composée de 26 travées et 3 étages. L'avant-corps est orné de faux pilastres en calcaire, les murs sont en briques rouges. La toiture d'ardoises est interrompue par quatre souches de cheminée en briques et calcaire, et ornée aux angles par des épis de plomb.Forgeur R., op. cit., p. 60-61. Le dessin porte l'inscription « paquay barbier l'an 1717 » et « collège de la Compagnie de Jésus à Liège ».

Collégiale de Fosses et collégiales liégeoises

Quelques années plus tard, les chanoines de Fosses s'adressèrent à Barbière pour réparer leur collégiale. Le 3 juin 1720, il fit une visite de l'église et trouva les murs « caduques » ; il proposa de la réparer comme il l'avait fait « quelques années auparavant aux collégiales Saint-Pierre et Saint-Barthélemy à Liège ». En 1723, les chanoines passèrent contrat avec Barbière pour réédifier la collégiale selon le modèle qu'il avait donné. La tour et la crypte romanes furent maintenues, mais le reste de l'église fut réédifié.Forgeur R., op. cit., p. 62-63.

Cette reconstruction fut habile ; quoique difficile à réaliser l'intégration des parties romanes et classique est particulièrement heureuse. [...] la voûte et les stucs sont si habilement proportionnés que l'intérieur de la collégiale paraît avoir été édifié au 18e siècle tandis que l'extérieur demeure entièrement roman. Barbière avait de quoi être fier de cette réussite.

Richard Forgeur, 1976.Forgeur R., op. cit., p. 63.

Travaux pour la ville et la principauté

En 1723-1724, Barbière dressa pour le compte de la ville de Liège des plans de reconstruction du quai d'Avroy. En 1725, il travailla pour l'État, effectuant des réparations au château de Franchimont : la « reprise de la voûte des frères célites », d'un coût élevé de 1 500 florins, semble avoir été une reconstruction.Forgeur R., op. cit., p. 63.

L'église de Seraing (1729-1731)

De 1729 à 1731, Barbière reconstruit l'église paroissiale de Seraing. Le prince-évêque Georges-Louis de Berghes, qui résidait souvent au château jouxtant l'église, en profita pour la faire déplacer et se faire céder le terrain de l'ancienne église par la commune. Il approuva les plans et « dessins » de la nouvelle église et accorda 2 000 florins. Le 4 mai 1730, un contrat fut signé entre l'architecte Barbier et la commune.Forgeur R., op. cit., p. 63.

En même temps, Barbière participa à la construction d'une partie du château du prince. Le 27 avril 1730, une convention fut signée entre Paquay Barbier, « conseiller de la noble cité de Liège », et Gilles Dechamps, capitaine, pour la fabrication de 500 000 briques.Forgeur R., op. cit., p. 63.

Le palais de Liège et l'hôtel de ville de Tongres

L'incendie de l'aile sud du palais de Liège, le 23 mars 1734, donna encore du travail à Barbière. Il dirigea des travaux au Palais et en fut payé en 1736, mais ce n'est pas lui qui traça les projets de la façade : la rédaction des plans fut confiée à l'architecte bruxellois Anneessens. Le mélange de tuffeau et de calcaire crée une très heureuse alternance de couleurs.Forgeur R., op. cit., p. 63-64.

L'année suivante, c'est la ville de Tongres qui sollicita Barbière : il mettra en mains des bourgmestres « le modèle pour l'hôtel de ville, surveillera les travaux ». Il reçut 80 florins « pour modèle et vacations à Tongres ». De 1738 à 1749, Pascal Barbière fut autorisé à porter le titre de maçon du chapitre cathédral.Forgeur R., op. cit., p. 64.

Dernières années

À la mort du prince-évêque Georges-Louis de Berghes, Barbière fut chargé de l'inspection des toits du palais (1743). L'année suivante, il effectua des réparations à la prison épiscopale. En 1745, il travailla encore pour les États et répara les prisons. Forgeur conclut qu'il est « certain que cette longue énumération ne reflète que très imparfaitement la carrière de Barbière » et que « les données actuellement connues suffisent à montrer qu'il joua un rôle de premier plan dans la principauté, pendant la première moitié du 18e siècle ».Forgeur R., op. cit., p. 64.

Bibliographie

  • Forgeur R., « Un maître maçon liégeois peu connu, Paquay Barbière », Bulletin de la Société Royale Le Vieux-Liège, t. IX, n° 193-194, 1976, p. 60-64.