Un projet de restructuration urbaine
Le complexe Chiroux-Kennedy-Croisiers naît d'une volonté politique de restructurer en profondeur le centre de Liège. Le projet, dont les études débutent en 1960, implique la destruction de quartiers anciens, dont une bibliothèque, et la création de nouvelles voiries : l'avenue Maurice Destenay et la rue des Croisiers. L'urbaniste français Jean Royer est consulté pour orienter les grandes lignes du plan d'aménagement.guides.archi, « Complexe Chiroux-Kennedy-Croisiers », Fédération Wallonie-Bruxelles, cellule.archi.
Les maîtres d'ouvrage sont multiples : la Ville de Liège, la Société mutuelle des administrations publiques (SMAP) et des promoteurs privés, dont la société Solico pour la tour résidentielle. Les architectes Henri Bonhomme et Jean Poskin (Ougrée, 1916 – Liège, 1998) dirigent l'ensemble du projet, assistés d'une équipe comprenant notamment Antoine Barbason, João-Eduardo Castel Branco, Nicolas Dreessen, Charles Dumont, Jean Havart et Michel Sougné. L'ingénieur Gilbert Lesage assure les études techniques.guides.archi, op. cit.
La tour Kennedy
Élément le plus visible du complexe, la tour Kennedy s'élève à 85 mètres de hauteur sur 29 étages, face à la Meuse. Construite par le promoteur immobilier Solico, elle affirme une verticalité résidentielle dans un langage de béton brut caractéristique du brutalisme.guides.archi, op. cit.
Le centre culturel et la bibliothèque
Le centre culturel des Chiroux se présente sous la forme d'une structure cylindrique en pierre calcaire, dont la volumétrie évoque celle d'une tour défensive médiévale. Il abrite la Maison de la culture. Au sous-sol se trouvent une salle de spectacle et un foyer d'exposition. Le rez-de-chaussée accueille un café.guides.archi, op. cit.
Le complexe comprend également une vaste bibliothèque qui, à son achèvement, est la plus importante de Wallonie. Le bâtiment se déploie horizontalement, relié aux autres éléments du complexe par une plateforme piétonne surélevée et un bâtiment-pont. La bibliothèque est fermée depuis 2023.guides.archi, op. cit.
Un langage brutaliste
L'ensemble du complexe s'exprime dans un langage architectural moderniste, voire brutaliste, où le béton brut domine. L'articulation entre les différents volumes, tour, cylindre, bâtiment-pont et plateformes, crée un paysage urbain d'une échelle inédite dans le centre de Liège. En 2012, une intervention de l'artiste Fabrizio Borrini vient compléter le dispositif.guides.archi, op. cit. ; gar.archi, « Complexe Chiroux-Kennedy-Croisiers ».
Bibliographie
- guides.archi, « Complexe Chiroux-Kennedy-Croisiers », cellule.archi, Fédération Wallonie-Bruxelles, guides.archi.
- gar.archi, « Complexe Chiroux-Kennedy-Croisiers », gar.archi.
- Lejeune J., Liège du passé à l'avenir, 1964 (cité par guides.archi).
- Lejeune J., L'avenir de Liège et les travaux publics, 1964 (cité par guides.archi).