Un courant liégeois aux accents mosans
La première réalisation Art nouveau à Liège est la Maison Bénard, construite dès 1895 par Paul Jaspar au n° 13-15 de la rue Lambert-le-Bègue. Jaspar, beau-frère de Paul Hankar, l'un des architectes précurseurs de l'Art nouveau à Bruxelles, importe le courant dans la cité ardente.« Art nouveau à Liège », Wikipédia, consulté le 21 mars 2026.
Bien que s'inspirant du courant bruxellois, l'Art nouveau liégeois possède ses particularités : beaucoup de sculptures sur pierre, principalement des têtes ou des bustes, beaucoup de sgraffites dont certains représentent des scènes professionnelles, et une ferronnerie d'une rare qualité. Le style se réfère aussi parfois à la tradition mosane locale.Wikipédia, op. cit.
La plupart de ces immeubles sont repris à l'Inventaire du patrimoine culturel immobilier de la Wallonie. Huit d'entre eux figurent sur la liste du patrimoine immobilier classé de Liège et deux, la Maison Comblen et la Villa l'Aube, font partie de la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie.Wikipédia, op. cit.
Paul Jaspar, le pionnier
Paul Jaspar, le premier et l'un des grands maîtres liégeois de l'Art nouveau, réalise la Maison Bénard (1895), la Maison Michel rue de Rotterdam n° 31 (1899), la Maison Van der Schrick rue du Vieux Mayeur n° 38 (1906) et sa propre maison, au boulevard de la Sauvenière n° 149 (1896). Il conçoit également la maison Oury à la place Xavier Neujean n° 15 pour le dentiste Sébastien Laruelle. Le style réemploie de nombreuses caractéristiques de l'architecture mosane traditionnelle : alternance de briques et de cordons de pierre calcaire, fenêtres à croisée de pierre, vitraux à petits plombs.Cirkwi, « À la recherche des témoins de l'Art nouveau dans le centre-ville de Liège », circuit n° 53823, cirkwi.com, s.d. ; Wikipédia, op. cit.
Victor Rogister, le plus prolifique
Victor Rogister est l'auteur d'une vingtaine d'immeubles de style Art nouveau à Liège, ce qui en fait le plus prolifique des architectes du courant dans la cité. On lui doit notamment la Maison Magis (rue Saint-Gilles n° 100, 1902, classée), la Maison Jules Alexandre (rue du Jardin botanique n° 39, 1902), la Maison Moonen (rue du Laveu n° 28, 1903) et la Maison Rogister (rue Ramoux n° 29).Wikipédia, op. cit.
Maurice Devignée
Maurice Devignée figure parmi les trois architectes les plus actifs du courant à Liège. On lui doit l'Hôtel Verlaine (rue Grandgagnage n° 12, 1910, classé), la Maison Dubois (avenue Émile Digneffe n° 22), les Maisons Thiriart (Montagne Sainte-Walburge n° 34-36, 1911) et la Séquence Devignée (rue Reuleaux).Wikipédia, op. cit.
Arthur Snyers, architecte des grands commerçants
Arthur Snyers a dessiné plusieurs bâtiments monumentaux pour de grands commerçants liégeois. On lui doit le complexe de la rue de la Cathédrale n° 35 (ancienne maison Mailleux, 1901-1902), dont la façade frappe par son aspect radicalement moderne : structure portante en métal apparent, immenses baies vitrées, briques émaillées blanches sous l'oriel. Les maisons jumelles Jockin et Renard au boulevard de la Sauvenière n° 105-107 (1903) et l'ancien Hôtel Moderne de la rue du Pont d'Avroy (1906) témoignent de sa maîtrise du vocabulaire Art nouveau.Cirkwi, op. cit.
Joseph Nusbaum et les séquences
Joseph Nusbaum se distingue par la réalisation de « séquences », ensembles de plusieurs maisons contiguës conçues dans un même élan. La Séquence Nusbaum de la rue Léon Mignon (n° 11 à 27) et celle de la rue du Vieux Mayeur (n° 51 à 55) en sont les exemples les plus remarquables. Il dessine aussi le commerce de Mme Lerousseau à la rue de la Cathédrale n° 2, dont la façade intègre une composition en panneaux de céramique.Cirkwi, op. cit. ; Wikipédia, op. cit.
Autres architectes
Clément Pirnay signe la Maison Pirnay (rue Dartois n° 44, 1907-1911) et la Maison Bacot (rue Dartois n° 42, 1922, classée). Paul Comblen réalise la Maison Comblen (rue des Augustins n° 33, 1898), inscrite au patrimoine exceptionnel de la Wallonie. Arthur Limage signe l'immeuble de la rue du Stalon n° 7 (1916) et l'ancien café « Panier fleuri » (rue du Pont d'Avroy n° 20, 1917). Joseph Bottin, Joseph Crahay et Émile Dethier complètent la liste des architectes actifs dans le courant.Wikipédia, op. cit. ; Cirkwi, op. cit.
Fin du mouvement et conservation
Comme partout en Europe, la Première Guerre mondiale sonne le glas de l'Art nouveau et fait place, dès les années 1920, au Modernisme et à l'Art déco. Si l'on peut se réjouir du bon entretien et des rénovations récentes de certaines maisons, il n'en va pas de même pour toutes : l'état de délabrement de plusieurs façades, le démantèlement voire la disparition de nombreux sgraffites et autres ornements, ainsi que la démolition de nombreux bâtiments, restent préoccupants.Wikipédia, op. cit.
Bibliographie
- « Art nouveau à Liège », Wikipédia, consulté le 21 mars 2026.
- Cirkwi, « À la recherche des témoins de l'Art nouveau dans le centre-ville de Liège », circuit n° 53823, cirkwi.com, s.d.